Pour Toute Ma Vie et à Jamais

par Odile Seng

 

Merci à tous les merveilleux fans qui m’ont accueillie si chaleureusement dans le Fandom de « Beauty and the Beast ». Je  suis fière de partager avec eux ce rêve magnifique et de contribuer moi aussi à le garder vivant.


A tous ceux et toutes celles qui savent encore rêver,
Qui savent encore aimer, qui croient en la beauté… 

 

Merci à Catherine et à Vincent, qui m’ont ouvert toutes les portes du monde… et ont changé ma vie ! 

 

« On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux » Antoine de Saint Exupéry

« Lorsque l’on n’a pas tout donné, on n’a rien donné »
« Il y a une limite à toute chose, et il faut toujours la dépasser »
Georges Guynemer

 

 

Pour toute ma vie et à jamais

 

Chapitre I  : lettre de Catherine à Vincent

 

Vincent, mon bien-aimé, je me dois de t’écrire ;

Je n’ai pas le courage de venir te parler,

Affronter ton regard, deviner ton refus.

Depuis longtemps déjà je voulais te confier

Mes secrètes pensées, intimes et profondes ;

Evoquer le passé, aborder le futur.

Mais tu es si distant, je n’ai jamais osé.

A travers cette lettre, écoute notre histoire,

Imagine en pensée que je la lis pour toi.

Ecoute notre amour, il guidera ton cœur.

 

Jusqu’au petit matin j’attendrai ta réponse.

 

Je bénis le destin qui te mit sur ma route

Le jour où je mourus et naquis à nouveau.

Victime d’une méprise, enlevée dans la rue,

Séquestrée dans un van par d’ignobles voyous

Qui m’avaient torturée, tailladé le visage,

Blessée, défigurée, je fus laissée pour morte ;

C’était à Central Park par une nuit d’avril.

Tu découvris mon corps gisant sur le gazon,

Je m’étais évanouie, perdant beaucoup de sang.

Tu m’emportas chez toi et me sauvas la vie.

Une épreuve tragique, nos chemins se croisaient ;

C’est là que commença un beau conte de fées.

Cela était écrit, nous devions nous trouver…

Chaque jour qui passait te rapprochait de moi,>

En soignant ma souffrance, tu sus m’apprivoiser.

De mon corps et mon âme, tu guéris les blessures,

Tu révélas en moi ce qui est de plus noble,

Me faisant découvrir une partie de moi-même.

Tu me donnas ta force, le courage de vivre

Et celui de changer pour une vie meilleure.

Je retrouvai l’espoir, et je te trouvai…toi.

 

Avocate d’affaires dans un grand cabinet,

Sans même le savoir, j’étais la prisonnière

D’un monde désinvolte, régi par le profit

Qui écrase les pauvres et glorifie le gain,

Où la seule valeur est celle de l’argent.

Ceux qui sont indigents ne peuvent que s’y taire

Et subir l’oppression de nantis sans pitié.

Une vie confortable était mon quotidien.

N’ayant jamais manqué d’aucun bien matériel,

Je vivais dans le luxe et la facilité.

Mon monde était frivole et ma vie insouciante

Dans une société égoïste et courtoise

Respirant l’élégance et le raffinement.

Dans un faste illusoire condamnée à briller,

Je ne connaissais qu’une existence mondaine.

Mes amis étaient riches, influents et puissants,

Méprisant la vertu, ignorant la morale,

Assoiffés de pouvoir, fortune et possession.

Dévorés d’ambition, Recherchant la grandeur,

Sans aucun idéal, ne sachant pas donner,

Ils n’étaient qu’intérêt, convoitise, avarice.

Ces gens superficiels qui m’entouraient alors

Ne pouvaient m’apporter qu’une présence creuse,

Médiocre et inutile, infertile, ennuyeuse.

Inconsciente captive dans une cage dorée,

Je m’étais égarée, j’errais dans le silence,

Je suivais un chemin qui n’avait aucun sens.

Grâce à toi je compris qu’il est d’autres valeurs.

 

Bébé abandonné devant un hôpital,

Celui de Saint Vincent qui te donna son nom,

C’était un 12 janvier par une nuit glacée,

Oppressante et profonde.

                                      Au milieu de la neige,

Dans un berceau d’ordures, tu étais seul au monde.

Tremblant, emmailloté dans d’horribles chiffons,

Affamé, effrayé et déjà presque froid,

Un être minuscule qui était différent,

Miraculeux cadeau venu du merveilleux.

Ton ange gardien veillait et protégeait ta vie,

Une femme te trouva, eut pitié de tes pleurs.

T’arrachant à la mort qui allait t’enlever,

Malgré ton apparence elle t’emporta chez elle

Vers la sécurité d’un foyer chaleureux

Où tu fus accueilli pour y être soigné.

Fragile et amaigri, maladif, affaibli,

Tu avais peu de chances de survivre et pourtant,

Un homme te sauva et s’attacha à toi.

Il avait deviné cette force intérieure

Qui en toi te poussait à étreindre la vie.

Il te prit avec lui et tu l’appelas Père.

C’est lui qui t’éleva et t’entoura d’amour.

D’un amour possessif et plus fort que celui

Qu’il aurait pu donner à son fils biologique.

Es-tu vraiment d’ici, viens-tu d’une autre étoile ?

Viens-tu d’un ancien temps ou viens-tu du futur ?

D’une autre dimension de l’espace et du temps ?

Quelle est ton origine et qui sont tes parents ?

Es­-tu le fruit secret d’expériences interdites ?

Dans l’illégalité, mélange réussi

D’ ADN croisés entre un homme et un lion ?

Personne ne le sait, tu ignores qui tu es.

De là vient ta souffrance : tu es un être unique.

Ce qui est différent, les hommes le détruisent.

Ton père le savait et il te protégea,

Te mettant à l’abri loin de la société,

T’enseignant à ne pas dévoiler ta présence,

En toute circonstance faire preuve de prudence ;

A cacher ton physique du mieux que tu pouvais,

Gommer tes différences, ta singularité.

Tu es un clandestin qu’il a dissimulé

Pour te soustraire à une funeste destinée.

Au rejet, à la haine, à la persécution ;

A la mise au secret dans un laboratoire,

Supplicié d’une science avide de réponses ;

Peut-être même aussi aux ciseaux d’une Parque.

Le danger est partout, te menace et te guette.

A la fois fort et faible, tu caches ton visage

Au regard des hommes et de leur ignorance,

A leurs peurs ancestrales, à leur intolérance,

Au jour et au soleil, aux lumières de la ville.

L’obscurité est tienne et la nuit ton domaine.

 

Je découvris le monde où tu vivais caché,

Situé sous la ville en dessous du métro.

Cet endroit oublié qui n’est pas sur les cartes

Est un royaume secret étrange et fascinant,

Fabuleux et magique, titanesque à l’extrême.

Un labyrinthe immense digne du roi Dédale,

Un réseau de tunnels qui communiquent entre eux

Aboutissant parfois à des grottes profondes,

Cavernes de cristaux et sombres catacombes,

Rivières mystérieuses perdues dans le brouillard,

D’effrayants escaliers qui s’enfoncent sans fin

Vers le cœur de la terre, ou peut-être l’enfer ;

Un monde souterrain de lacs et de cascades,

Qui plonge ses racines en un profond abysse

Sinistre et terrifiant, dantesque et redoutable ;

Un endroit ténébreux que nul n’a sondé.

C’est un monde sans nom, de mystère et de crainte,

Et dans les longs tunnels qui serpentent dans l’ombre

Où de tristes échos répètent chaque pas,

On se perd facilement car pour un chemin sûr

Il en est des centaines qui mènent à l’abîme.

S’y aventurer seul serait bien périlleux

Sans être accompagné par quelqu’un connaissant

Les détours et les pièges de cette immensité.

Qui a construit ce monde ?, vous ne le savez pas.

Son existence même relève du prodige.

Un rébus, une énigme qui sont sans solution.

Son secret restera à jamais englouti,

Noyé dans le silence de ses gouffres interdits.

 

Un homme au cœur blessé par une grande injustice,

Un brillant médecin s’y réfugia un jour.

Humaniste engagé dans un grand idéal,

Une communauté affranchie du désir

Insatiable du gain, de la cupidité,

De la rapacité qui mènent à la violence.

Philanthrope éclairé, il pensait qu’on peut vivre,

Etre heureux avec peu, juste le nécessaire,

Accepter de la vie ce qu’elle peut donner,

Détaché de l’argent qui empoisonne l’âme,

Abroge la bonté et toute compassion.

S’installant en ce lieu, il en fit son domaine

En y créant un monde intègre et accueillant

Issu de tous ses rêves, cet homme était ton père.

D’autres le rejoignirent  il y a bien des années ;

Les grottes accueillantes furent aménagées

En chambres chaleureuses que l’on peut habiter.

Un mobilier baroque y décore l’endroit ;

D’autres l’avaient jeté, il fut récupéré.

Restauré avec soin, il embellit l’espace.

Disparate, épuré, sobre mais agréable

Malgré sa vétusté il a son élégance

Et procure confort à ceux qui en disposent.

Objets hétéroclites et montagnes de livres

Empilés ça et là procurent une impression

De désordre harmonieux empreint d’étrangeté.

Ta chambre agrémentée d’un splendide vitrail,

Cet endroit chaleureux, paisible et retiré

Où je me sens si bien à l’abri du danger,

Habite ma mémoire et me parle de toi.

C’est avec modestie, dans la simplicité,

Que vous vivez heureux et sans autre fortune

Qu’une amitié sincère, humaine et chaleureuse.

Sans électricité, l’endroit n’est pas obscur,

Dans un style Art nouveau de jolies lampes à huile,

De nombreuses bougies fabriquées par vos soins,

Quantité de flambeaux repoussent au loin la nuit.

Leur lumière douce et chaude dégage une clarté

Qui conforte l’esprit et réchauffe le cœur.

Eclairage feutré, chatoiement silencieux,

Il règne ci dessous une ambiance sereine

Où résonnent sans cesse les bruits de petits coups

Tapés sur des tuyaux, qui rythment votre vie.

Un système ingénieux de communications

Qui ressemble à du Morse et propage sans cesse

Messages et alertes, avise des dangers.

 

Ce petit paradis rayonnant de quiétude

Où la sagesse est reine et dirige les vies

Est un monde utopique, il existe pourtant.

On peut y vivre au chaud dans la sécurité

Bien loin de la colère, de la folie des hommes.

Fondé sur l’équité, l’amour et le partage,

Ayant ses propres lois, celles de la tolérance

Et de l’égalité, le respect de chacun.

Un refuge secret où les valeurs humaines

Ont effacé des cœurs la violence et la haine.

Où les laissés pour compte se sentent entourés,

Ceux que la société empêchait de grandir

Ecrasés par les dogmes, contraintes et pressions.

Où les gens malheureux peuvent panser leurs plaies,

Surmonter les épreuves, en ressortir plus forts ;

S’aidant les uns les autres, retrouver le bonheur,

Reconstruire un futur de travail et d’honneur.

C’est là qu’on peut apprendre à croire de nouveau.

Ceux qui se sont perdus retrouvent le printemps

Et peuvent explorer ce qu’ils ont de meilleur.

Une nouvelle chance pour un nouveau départ,

Une seconde vie dans un monde plus juste,

Où l’art et la musique s’imposent au quotidien.

La douceur d’un concert, la beauté d’un sonnet

Font oublier la peine, guérissent bien des maux.

Ton monde est idéal, mais il n’est pas parfait :

La nature des hommes est source de conflits.

Qui n’est pas infaillible ? La faiblesse est humaine.

Quelque fois les défauts remontent à la surface.

Les dissensions existent, issues des différences,

Des querelles anodines peuvent se déclarer.

Des problèmes apparaissent mais sont vite réglés

Dans un souci réel d’appliquer vos principes :

Droiture et équité, égalité pour tous

Et impartialité d’une même justice.

 

Ton père ne fut pas seul à créer votre monde.

Un autre fondateur mêmement y prit part.

Son âme était déjà entachée par le mal.

Violence et cruauté avaient souillé son cœur.

Desséché, corrompu, nuisible en toute chose

Bien vite il oublia les idéologies

Qui avaient concouru à édifier ton monde.

Poussé par la folie, l’orgueil et l’ambition,

Tyrannique et brutal, sanguinaire assassin,

Voulant assujettir votre communauté

A son joug inhumain, à son absolutisme,

A sa sauvagerie, son animalité,

Il fut bientôt exclu, déchu de tous ses droits.

Rejeté et banni, il dû se réfugier

Dans un endroit secret pour régner en enfer.

Tant d’énergie perdue à ruiner les espoirs

Et détruire les rêves de bien des êtres humains…

Sa soif de vengeance menace votre univers.

Contre ses représailles, tu es votre rempart.

De ce temps de ténèbres, tu ne te souviens pas.

Tu étais un enfant, innocent spectateur

D’un drame qui allait affecter ton futur.

 

Si un danger menace, un conseil de sages

Se réunit alors, cherchant une solution,

Prenant des décisions pour contrer le péril.

Au fil du temps, ton père, instruit et clairvoyant

Prodiguant ses conseils judicieux et sensés,

Vertueux patriarche respecté par ses proches

Sut imposer sa voix et son autorité.

Ce monde de bonté abrite ta famille ;

Sa clandestinité assure ta survie.

Sans lui tu n’as plus rien, c’est là qu’est ton foyer,

C’est là qu’est ton salut, tu ne peux vivre ailleurs.

S’il disparaît tu meurs, il est ta sauvegarde.

C’est un lieu d’harmonie fragile et vulnérable,

Vous n’avez que vous-mêmes pour vous protéger.

A l’écart de tout, c’est pourquoi il survit,

Fierté et vigilance le maintiennent en vie.

C’est là que tu grandis, tu en es le symbole.

Ton destin et ta vie en lient les habitants.

L’union fait votre force, tu en es le ciment ;

Il repose sur toi, tu en es le pilier.

Aux yeux de tes amis tu ne te caches pas.

Ceux là comptent sur toi et ils te font confiance.

Ton devoir envers eux est de les assister.

Préservant, soutenant cette communauté,

Tu garantis la force, assures la justice,

Défends la vérité, apportes protection ;

Pour eux tu es l’espoir et la sécurité,

Une vive lumière qui brille dans le noir.

Le savoir, la beauté, sont des choses fragiles,

Sans toi ce lieu serait un enfer bien sombre.

Tu protèges ce monde qui te protège aussi.

 

Pour moi tu as failli à la loi du silence ;

Révélant ta présence tu te mis en danger

Ainsi que tes amis qui t’entourent et qui t’aiment.

Je garde ton secret enfoui au fond de moi.

Cela me rend plus forte, me rapproche de toi.

Je t’en fis la promesse, personne ne saura.

C’est un si beau cadeau, celui de la confiance

Et tu me le donnas en m’accueillant chez toi.

Je t’accordai la mienne, notre histoire était née.

Quand je rentrai chez moi, tu me manquais déjà.

La chirurgie faciale est une belle invention.

Après opération, convalescence amère,

Taillades et balafres, hideuses cicatrices

Disparurent de ma vie sauf une que je gardai

En souvenir du jour où je te rencontrai.

Esseulée dans ma chambre, je cherchais ta présence

Pour finir la lecture des Grandes Espérances ;

Tu me lisais ce livre quand j’habitais chez toi.

 

Vous avez des amis dans le monde d’ « en haut »

Vous apportant leur aide quand il en est besoin.

Certains sont nés « en bas », ont grandi avec toi,

Puis sont partis un jour habiter dans mon monde.

Vous ayant demandé asile et protection,

D’autres sont remontés après avoir guéri

De leurs rêves brisés et de leur désespoir.

Ils ont toujours leur place s’ils veulent vous rejoindre.

Il est d’autres amis qui vous soutiennent aussi.

Loyaux et généreux, vous offrant ce qu’ils peuvent,

Dévoués protecteurs, ils sont une lumière

Eclairant votre monde, apportant la chaleur.

Ils sont liés à vous par le sceau du secret,

Par la reconnaissance, ils sont votre famille ;

Nos deux mondes sont reliés et se rencontrent en eux,

Nous faisons tous partie d’une même grande ville.

Célébrant l’amitié, l’entraide et la confiance,

La « fête de l’hiver » chaque année vous rassemble ;

Les enfants distribuent des bougies colorées

A vos amis « d’en haut » qui vous apportent tant.

C’est une invitation à vous rejoindre « en bas »,

Ces bougies signifient qu’ils font partie de vous.

C’est un moment spécial que vous partagez tous,

Une cérémonie pour ne pas oublier

Ce que fut le passé, rêver de l’avenir ;

Un rituel qui révère la fraternité.

Vous vous réunissez dans une grande salle

Qui est froide et obscure quand vous passez la porte.

Vous joignez vos bougies, partagez la lumière

Pour repousser au loin la laideur des ténèbres.

« L’obscurité n’est rien tant qu’on peut partager

La lumière et l’amour qui nous viennent du cœur. »

Après quelques minutes, l’endroit est lumineux,

Musique et chaleur envahissent la pièce ;

On peut s’y restaurer, bavarder entre amis.

Tu es venu chez moi m’apporter ma bougie.

Quand tu m’as invitée, j’étais très honorée ;

A la fin de la fête, vous m’avez entourée

Puis à mon tour j’ai pu intégrer votre cercle ;

Tu m’as donné la main, j’étais à tes côtés ;

Vous m’aviez acceptée, je devenais des vôtres.

Vincent, j’étais si fière d’entrer dans ta famille,

Tu m’as offert ce que j’ai cherché tant d’années,

Je n’oublierai jamais cet instant merveilleux.

La fête terminée, nous étions encore là

Quand tous les invités avaient quitté l’endroit ;

L’orchestre s’était tu faisant place au silence

Et pourtant dans nos cœurs la musique était là ;

Tu m’as offert ton bras et nous avons dansé.

 

Tu as beaucoup souffert, traversé tant d’épreuves,

Pourtant ton cœur est pur, dénué d’amertume.

Tu ne connais la haine ou le ressentiment.

Sans te sentir puni ou maudire le destin,

De la vie tu as pris ce qu’elle pouvait t’offrir.

Blessé par un amour dont tu ne guéris pas,

Qui hante ta mémoire et écorche ton cœur,

Une ombre du passé qui toujours te meurtrit,

Déchirant souvenir d’un espoir bafoué,

D’un rêve inaccessible à jamais envolé,

Tu finis par haïr l’essence de ton être,

L’originalité de tes traits étrangers,

Tes mains exceptionnelles capables d’érafler

Par mégarde, oubliant qu’elles pouvaient blesser…

Poussé par la passion, dans un élan sincère,

Un jeune homme amoureux avait égratigné

Une fille folâtre, une jeune écervelée.

Pour elle tu éprouvais un amour profond,

Pour elle ce n’étaient que des enfantillages.

Honteux de ton visage et fuyant les miroirs

Qui renvoyaient l’image d’un être repoussant

Ne pouvant qu’inspirer la peur et le rejet,

Tu voulus refuser une réalité

Douloureuse et pesante, celle que tu étais.

Tu rêvas d’être un autre d’apparence ordinaire,

Dans la banalité te fondre et disparaître.

Je comprends ta douleur, tu ne peux la bannir ;

N’en auras-tu jamais fini de te punir ?

Tes regrets, tes remords t’empêchent d’avancer.

Laisse le passé derrière, regarde vers l’avenir,

Vincent tu le sais bien, je ne suis pas Lisa.

 

Aimant le vrai, le beau, recherchant l’harmonie,

Ton père t’a appris tout ce qu’il faut savoir

Pour vivre dignement dans ce monde de paix ;

L’amour de ce qui peut enrichir le cœur :

Charité, altruisme ou générosité,

La solidarité, l’entraide et l’amitié.

L’amour de ce qui peut enrichir l’esprit :

La musique et les livres accompagnent ta vie.

Tu écoutes en cachette avec ravissement

Récitals ou concerts qui passent à ta portée.

Erudit clairvoyant imprégné d’hellénisme,

Ton esprit éclairé brille d’intelligence.

Honnête en toute chose, sans vanité aucune,

Tu partages avec moi ton immense culture.

Quel que soit le domaine, art ou littérature

Voyages, histoire ou sciences,

Marquant ton intérêt, tu es curieux de tout.

Aucun des grands classiques n’a de secret pour toi ;

Tu récites par cœur Shakespeare ou bien Dickens ;

Ton enfance a été bercée de poésie.

Tu connais tant de choses que tu n’as pas vécues,

Qui ne sont que des mots s’envolant dans la nuit.

Les livres que tu lis affranchissent l’espace,

En imagination tu fais tous les voyages

Qui te sont interdits, l’injustice est cruelle!

Tu ne peux que rêver à de beaux paysages,

Sommets immaculés de montagnes enneigées

Où fleurit l’Edelweiss emblème de ces lieux,

Eclatants de blancheur sous un soleil radieux ;

De très hautes vallées couvertes de sapins,

L’odeur de la résine parfumant la forêt ;

Un lac magnifique qui reflète le ciel

En flocons de nuages flottant au fil de l’eau ;

Des torrents insoumis aux remous bleu glacier,

Déchaînés et sauvages à l’eau tumultueuse

Qui se brise en fracas contre de gris rochers ;

Des chevaux au galop, foulant l’herbe fleurie,

La joie de t’allonger dans une verte prairie

Et de te réchauffer aux rayons du soleil…

De merveilleuses fleurs aux couleurs arc-en-ciel ;

Des plages de sable fin, des lagons à l’eau pure,

Transparents de fraîcheur, ombragés de palmiers ;

L’harmonie de la mer à l’écume salée…

Oublier les périls, vivre le temps présent.

Avec toi j’aimerais partager la beauté,

La magie d’un endroit où je venais enfant ;

Un pays enchanté que tu apprécierais,

T’emmener avec moi au coeur de mon enfance…

Tu n’as jamais connu qu’amour au ciel de nuit,

Pourquoi toi mon aimé ? Je crie à l’injustice,

Tu ne mérites pas le sort qui est le tien.

Ce n’était qu’un beau rêve, mais un rêve impossible.

 

 

Tandis que le soleil s’abaisse à l’horizon,

Les dernières lueurs du crépuscule fuient,

Et loin des feux du jour, poursuivant leur chemin,

Quand la nuit à grand pas sur la terre s’avance,

Dans un noir incertain, les étoiles descendent.

A l’heure du repos, tu revêts ta pelisse

Et masquant ton visage sous une large capuche

Tu parcours les tunnels pour venir me rejoindre ;

Grimpant sur mon balcon, surgissant de la nuit,

Tu apportes avec toi un livre captivant.

Ta voix douce et profonde est comme une musique

Comblant tous mes silences, illuminant mon être.

Assise à tes côtés, pensive et recueillie,

Je ne me lasse pas de t’écouter me lire

Ces vers beaux comme l’amour, purs comme l’aurore,

Ces poèmes enchanteurs qui inondent nos cœurs

D’un bonheur absolu, entier et sans partage.

Nous sommes transportés dans un monde de rêves

Et c’est main dans la main que nous nous évadons,

Toujours à l’unisson sans jamais s’égarer.

Ton calme et ton sérieux, tes pensées si profondes

Sont une invitation à la philosophie.

Nous pouvons disserter une nuit toute entière,

Evoquer le passé, toutes nos expériences,

Raconter notre enfance, nos plus beaux souvenirs,

Echanger nos idées, sans voir le temps passer.

Tu parles d’autres langues, même celle des signes,

Apprises dans les livres avec facilité.

Connaissant les étoiles de la voûte céleste,

Tu n’hésiteras pas à commenter les cieux,

Dispensant ton savoir sans autre prétention

Que celle de partager un moment d’amitié.

Impartial et posé, professeur et ami,

Tu transmets ton savoir aux enfants de ton monde,

Les faisant voyager à travers tes livres.

Sachant les écouter, répondre à leurs questions,

Devinant leurs attentes, tu les aides à grandir.

N’ayant pas oublié l’enfant que tu étais,

Heureux de les guider, tu deviens leur mentor.

Tu leur donnes beaucoup, ils te le rendent aussi,

Leur affection pour toi n’a d’égal que la tienne.

Je ne peux qu’admirer cette disposition

D’appréhender le monde, comprendre les humains.

 

Par un seul regard, ta simple volonté,

Tu soumets à tes pieds des molosses enragés.

Ta vue est étonnante, tu distingues dans le noir

En nuance de gris les objets qui t’entourent.

Aucun son ne t’échappe. Tu ne le montres pas

Mais tu captes sans peine  tous les bruits qui t’entourent,

Les plus faibles murmures prononcés dans un souffle.

Ta souplesse étonnante et ton agilité

Te donnent le pouvoir de grimper sur les toits

Et sans difficulté de courir et sauter

D’une terrasse à l’autre sans en être affecté.

Ta démarche harmonieuse et tes gestes adroits,

Dans tous tes mouvements te confèrent élégance.

Tu as une prestance à nulle autre pareille.

Encadrant ton visage, une cascade blonde

Coule sur tes épaules en un flot de cheveux.

Ton long manteau de nuit, ta courtoisie innée,

Le silence de tes pas, cette grâce féline…

On te croirait sorti d’un conte fantastique.

Il émane de toi une grande assurance

Qui distille le calme et la sécurité.

Ta douce bienveillance et ton allure altière

Me laissent deviner la noblesse de ton cœur.

Tes gestes mesurés trahissent ta pudeur.

T’exprimant sans détours, ta franchise t’honore.

Tu modères tes mots, évitant avec soin

Dans ta grande sagesse des paroles blessantes.

Ta plus grande faiblesse est bien ton exigence ;

Pas celle pour les autres, celle qui te concerne :

Tu veux être parfait aux yeux des gens qui t’aiment,

Tu ne veux pas montrer jalousie ou colère ;

Ces sentiments humains sont pour toi une honte.

 

Depuis la sombre nuit où tu m’as rencontrée,

Tu n’as jamais cessé de venir à mon aide.

Où que je sois, partout ton esprit m’accompagne.

Je sais qu’à chaque instant tu veilles sur ma vie.

Tu hais toute violence, pourtant tu me protèges

Au risque de te perdre en de sombres ténèbres.

Comme un preux chevalier venu du fond des âges

Quand je suis en danger tu voles à mon secours.

Ta silhouette imposante, ta force m’impressionnent.

Prolongement tranchant de tes muscles d’acier,

Tes ongles acérés sont ta seule défense ;

Une arme redoutable qui peut être mortelle,

Pouvant couper les chairs tel un sabre affûté.

Tes grandes mains robustes aux doigts longs et puissants…

Tout comme toi je sais de quoi elles sont capables,

Je t’ai vu t’en servir, cela ne m’effraie pas ;

Ta puissance indomptée garantit ma survie.

A l’innocent, jamais tu ne feras de mal.

Si tu es attaqué, alors tu te défends.

A la violence aveugle tu opposes furie.

Contre mes ennemis ou ceux de ta famille,

Bourreaux et meurtriers, ta colère est féroce,

Il n’est pas de censure à ton déchaînement.

N’ayant plus de repères, la raison t’abandonne,

Ton instinct animal dirige alors tes pas.

Menaçant, effrayant, tu grondes de fureur

Et deviens un démon pour protéger les tiens.

N’ayant pas de pitié, ta justice est terrible,

S’abattant seulement sur ceux qui assassinent ;

Pour défendre ma vie, celle de tes amis,

Assurer la survie de ta communauté,

Résigné par avance au plus profond de toi,

Quand tu y es contraint, tu fais ce que tu dois

S’il n’est pas d’autre choix que celui de tuer.

Un seul mot de moi arrêtera ton bras ;

Ce pouvoir me fait peur, me rassure à la fois.

 

Chaque jour un peu plus, ta beauté singulière,

La force de ton être, la grandeur de ton âme,

Ton odeur envoûtante de cuir et de chandelle

Qui me laisse entrevoir un parfum plus sauvage,

Me fascinent et me poussent dans tes bras protecteurs.

Ton regard est si doux, d’une rare innocence,

Exprimant à la fois bonté et compassion ;

C’est ton humanité que je vois rayonner.

Ton sourire amusé au charme ravageur,

L’éclat de tes yeux bleus font chavirer mon cœur.

Tel un prince charmant, tu es si magnifique,

Tu te penches vers moi, tu souris tendrement ;

Une mèche de tes cheveux m’effleure le visage.

L’espace d’un instant ton souffle est sur ma joue,

Je t’entends respirer l’odeur de mes cheveux,

Un frôlement furtif qui est plus qu’un baiser.

Tes bras forts et musclés se referment sur moi,

Tu me serres contre toi et j’oublie tout le reste,

Ton visage adoré est mon seul horizon

Et ton profond regard s’arrête sur le mien ;

Je suis prête à te suivre jusqu’au bout du monde ;

Ta chaleur m’enveloppe, le feu monte à mes joues,

Je sens ton cœur qui bat tout contre mon visage ;

Sous le souffle d’Eole, sur le sol obscurci

Nos ombres enlacées sont déjà réunies.

C’est un moment magique, un monde merveilleux

Qui s’ouvre devant moi en un feu d’artifice,

Quand l’amour éternel embrase nos deux âmes.

Tu hésites un instant, la tentation est grande…

Si ton esprit bouillonne, tu n’en fais rien paraître ;

Ta volonté sans faille reprendra le dessus,

Tu maîtrises ton corps aussi bien que tes mots,

Te libérant de moi, tu gardes le silence,

Tu ne me le dis pas, mais je sais que tu m’aimes.

Et dans le clair-obscur, la lune nous sourit.

La lune est notre amie, nous protège et nous garde ;

Elle luit doucement, auréolant d’argent

Ta chevelure d’or caressée par le vent.

L’horizon se colore, hâte-toi, le temps fuit,

Bientôt dans le lointain, l’astre va disparaitre.

O lune, toi qui sais, l’amour est peine amère,

Il n’est pire douleur que la séparation ;

Quand ses rayons qui meurent, m’arrachent à tes bras

Je n’ai plus qu’un désir, celui de te revoir.

 

Symbole de ton amour, morceau d’éternité,

Ce cristal si pur rapporté de ton monde,

Qui brille dans mon cœur autant que dans le tien,

Ce merveilleux cadeau que tu mis à mon cou,

Que je porte sur moi sans jamais le quitter,

Me rappelle sans cesse ton attachement.

Grâce à lui, je connais le prix de ce que j’aime.

C’est tellement merveilleux d’être liée à toi,

De savoir qu’à présent, quelqu’un prend soin de moi,

Quelqu’un qui me connait, quelqu’un qui pense à moi.

Notre lien est si fort, je ne peux l’expliquer,

Il n’est pas un instant où je ne pense à toi.

Tu es mon âme sœur, tu fais partie de moi.

Il est tellement de choses que je voudrais te dire

Mais que tu sais déjà, tu les lis dans mon cœur.

Ami et confident, amoureux bien trop sage,

Cela ne suffit plus et ne saurait durer ;

Voici deux ans déjà que brûle notre flamme

D’un amour platonique, mais de toi, je veux tout.

Si proches dans nos cœurs, si distants dans nos corps…

Je souhaite tes caresses autant que ta tendresse ;

Tu ne m’as accordé que l’ombre d’un baiser,

Tu connais mon désir et sais que je t’attends.

J’envie tous ceux à qui tu donnes ton amour,

Je veux que tu sois mien, je te veux pour moi seule ;

Je sens que tu as peur, ton âme est bien trop pure.

Un pas de plus vers toi et je te verrai fuir.

Pourquoi crains-tu autant un amour charnel ?

J’ai si peur de te perdre, il faut que tu comprennes :

Je t’aime tel que tu es, je ne veux rien que toi.

Je voudrais le crier à la face du monde ;

Je t’aime pour toi-même car je sais qui tu es.

J’ai tant besoin de toi, tu le ressens n’est-ce pas ?

Ce rêve merveilleux où nous vivons ensemble

Est un chemin caché que nul ne connait,

Que nul n’a foulé ni même imaginé.

C’est un jardin secret qui n’appartient qu’à nous

Pour abriter nos cœurs, protéger notre amour.

Si tu me tends la main, je prendrai ce chemin,

Je veux t’accompagner et rejoindre ton monde,

Etre à côté de toi pour partager ta vie

Et savourer ensemble chaque instant de bonheur.

Si tu m’offres ton nom, tout sera différent,

Où tu seras Caïus, moi je serai Caïa ,

Je ferai avec toi le plus beau des voyages ;

Te suivant pas à pas, nous marcherons ensemble.

Pour vivre pleinement, je dois t’appartenir,

M’endormir près de toi heureuse et comblée

Dans la sécurité de ta tendre présence.

M’éveiller le matin dans tes bras rassurants,

Enivrée de bonheur respirer ton odeur,

Regarder ton visage se pencher sur le mien.

Perdue dans ton regard enfiévré de passion,

De chaleur et d’amour, embrumé de désir,

M’abîmer dans tes yeux à l’azur profond,

Aux couleurs océanes, à l’horizon lointain

Quand le ciel et la mer se rencontrent enfin ;

Caresser tes cheveux et ton torse puissant,

Câliner ton museau, m’accrocher à ton cou,

T’attirer contre moi sans te quitter des yeux,

Sentir contre ma peau la chaleur de la tienne ;

De mes lèvres de feu, te couvrir de caresses,

Dans un baiser ardent oublier qui je suis ;

Sur le seuil enchanté d’un merveilleux palais,

Bercée par ta ferveur, ô extase indicible,

Dans les bras de l’amour, en déployant mes ailes

Plus légère que le vent, t’aimer passionnément.

Dans nos nuits d’insomnie sous des roches profondes,

Quand la terre endormie se pare de silence,

Une puissante ardeur fera de moi ton ombre,

Et tu sauras alors, rien que par la pensée,

Que les mots échangés sont de vaines paroles

Quand les âmes se parlent et les corps se confondent.

Je te veux pour amant et porter tes enfants,

Les regarder grandir entre leurs deux parents,

Créer notre famille et notre descendance.

Laisser couler les jours sans penser à demain,

Me dire qu’il en sera ainsi toute ma vie,

Qu’au printemps les lilas seront toujours en fleur,

Te regarder vieillir en te tenant la main.

Pourrons-nous jamais vivre sur le même rivage ?

 

 

Chapitre II  : la réponse de Vincent

 

Catherine, ma tendre et douce, je t’aime plus que tout.

Je t’aime corps et âme, je n’appartiens qu’à toi,

Condamné à la nuit et à la différence,

Je m’étais résigné à une vie solitaire.

Je pensais ne jamais connaître un tel amour,

Il ne pouvait, bien-sûr, venir que d’ailleurs.

Depuis toujours mon père voulut me protéger

D’un amour repoussé, déception et douleur

En m’éloignant de celles qui habitaient mon monde.

Un grand frère, un ami, pouvais-je être autre chose ?

Vincent le protecteur qu’on appelle au secours…

Ton amour m’a ouvert toutes les portes du monde ;

J’avais une autre vie, j’ai changé à jamais.

Tu m’as donné le droit d’aimer et de rêver

Et tu as fait de moi le plus heureux des hommes.

Je n’avais espéré un tel attachement,

Je n’ose pas y croire, je ne m’en sens pas digne.

Il n’est pas un amour aussi fort que le mien,

Qui soit aussi profond, d’une forme aussi pure.

Je le sais aujourd’hui, je ne serai qu’à toi.

Lorsque je te trouvai, tu bouleversas ma vie.

C’est toi que j’attendais tout au fond de mon cœur

Car dès que je te vis, je sus que je t’aimais.

Même après ton départ je ne pus t’oublier.

Mon père s’opposa à cette inclination,

Pressentant un futur de chagrins et de larmes ;

Une vie impossible, remplie de désespoir.

Envers et contre tout, je choisis de t’aimer ;

Ignorant la raison, je choisis de souffrir

Ou bien peut-être aussi, n’avais-je pas le choix…

Un lien miraculeux m’attache à tes pas,

Un courant mystérieux qui se répand en moi.

Je ne sais pas pourquoi ni même d’où il vient.

Tel le philtre d’amour de Tristan et Iseult,

Irrésistiblement il me pousse vers toi.

C’est comme si nos deux cœurs en cherchant à s’unir

Arrivaient à tourner les lois de la physique

Et transcender l’espace, nous sommes reliés.

Tu m’es tellement proche, tu enchantes mes jours.

J’ai l’impression de voir les choses à travers toi.

Ce lien étrange et pur vibre si fort en moi

Qu’il me fait ressentir toutes tes émotions ;

Quand tu es en danger, je le sais dans l’instant,

Où que je sois j’entends tes peurs me parler.

J’éprouve ta tristesse, ta douleur est la mienne

Et je perçois tes joies aussi bien que tes rêves.

Où que tu puisses aller, où que je sois moi-même,

Quel que soit ton chemin, je serai avec toi.

Nos deux vies sont liées, tu fais partie de moi.

 

Je me souviens du jour où tu me fis cadeau

D’un précieux souvenir te venant de ta mère.

Elle te l’avait donné quand tu étais enfant

Pour surmonter ta peur du noir et de la nuit.

Il avait à tes yeux une immense valeur,

Mais tu me le donnas en gage de ton amour.

Une adorable rose dans l’ivoire sculptée,

Rangée dans son écrin, un petit sac en cuir

Avec un cordonnet, que tu cousus toi-même ;

Attendant sagement qu’on la prenne et l’admire. 

C’était sur ton balcon un soir du mois d’avril,

Nous voulions tous les deux fêter notre rencontre,

Notre première année d’amour et de bonheur,

D’espoir et de lumière, de secrets partagés.

Le temps passe si vite, cela faisait un an

Que tu étais entrée dans ma vie solitaire.

Tu me montras le ciel, je tombai sous ton charme ;

Ce fut pour moi la fin de cette solitude,

Qui tant de jours et nuits, m’avait accompagnée.

Au milieu des bougies qui brillaient dans la nuit,

Tu étais si jolie toute de blanc vêtue

Dans ta robe légère aux dentelles harmonieuses,

Que tu portais si bien, où tu resplendissais.

Ton sourire éclatant éblouit tout mon être,

Eclipsant les lumières, éclaboussant mon cœur

De brillantes paillettes aux reflets argentés.

Quand tu mis à mon cou cette rose chérie

Et que ton doux regard fut suspendu au mien,

Le reste n’était rien, il n’y avait que toi.

Un parfum de bonheur flottait autour de moi,

Et l’âme à l’âme unis, nous n’étions plus qu’un être ;

La lune se leva dans un ciel sans nuage,

Je te tins tendrement, rêvant qu’à tes côtés,

Je vivrais apaisé et plus heureux qu’un roi.

En silence t’étreindre, quoi de plus doux instant ?

Ce merveilleux moment me fait encore rêver.

Je conserve ta rose avec soin sur mon cœur.

C’est un morceau de toi qui ne me quitte pas.

Quand tu es loin de moi, je la prends dans ma main,

Caressant tendrement ses pétales épanouis.

Mes pensées vagabondent et s’envolent vers toi,

Te voilà près de moi quand je ferme les yeux ;

Je sais qu’à ce moment, tu penses aussi à moi.

 

Je sens ton impatience quand tu reviens vers moi ;

Marchant d’un pas léger, une vision touchante ;

Un flot de sensations m’inonde de bonheur,

Mon cœur qui bat de joie, me souffle « elle est là »

Un rayon de soleil est tombé jusqu’à moi,

Je cours à ta rencontre, je t’attends à la grille.

Follement amoureux, je tends mes bras vers toi…

Te sentir aussi proche me remplit d’allégresse.

Je voudrais te garder et arrêter le temps ;

Dans un instant volé, je vis l’éternité.

Et tes cheveux soyeux viennent caresser ma joue

Quand tu enfouis ta tête au creux de mon épaule.

Lumière dans ma nuit, ton regard si limpide

Dans mes yeux se reflète en brillantes étoiles.

J’aime tout ce que tu dis même quand tu ne dis rien.

Idole de ma vie, de mes rêves d’amour,

Tu es de ces beautés que l’innocence habite ;

Je contemple tes traits, ton front pâle et charmant ;

Ton sourire est si tendre, si radieux à la fois,

Il m’apporte l’espoir d’une vie sans limites.

Le doux son de ta voix, de volupté m’enivre,

Ton rire cristallin résonne à mes oreilles.

Je connais tout de toi, ta gaité naturelle,

Ta gracieuse démarche aussi belle que la nuit.

La fraîcheur de tes gestes, la chaleur de tes mains ;

La courbe de ton cou gracile et désirable ;

La douceur de ta peau d’ivoire et de satin ;

L’odeur de ton parfum quand tu sautes à mon cou ;

La chaleur de ton corps blotti contre le mien.

Des sensations troublantes m’affolent et me submergent ;

Je n’ose plus penser, tu captures mes sens.

Je plonge dans tes yeux, je suis comme étourdi ;

Tu me prends par la main, tu ressembles à un ange ;

Je m’envole avec toi vers des terres lointaines ;

Tu m’entraînes à ta suite, je ne vois plus que toi.

Ma peur s’est envolée, l’instant est délicieux.

Nous sommes seuls au monde quand nos cœurs se rejoignent.

C’est une symphonie d’images et de couleurs ;

Ton bonheur est le mien, un mélange subtil,

Celui de nos deux âmes qui n’en forment plus qu’une.

 

Tu es une déesse, la beauté incarnée.

Une flèche d’Eros m’a frappé en plein cœur,

Tu incendies mon être, j’aspire à ton amour.

Comment te résister, tu m’enchaînes à jamais.

Ta bouche est une rose à l’odeur du printemps,

Une fleur qui s’entrouvre à la fraîcheur des nuits,

De ton souffle enivrant, je respire l’espérance.

Je regarde tes lèvres qui espèrent les miennes,

Si douces et fascinantes, charmeuses et attirantes. 

Mes rêves les plus fous me donnent le vertige

Et cette douce ivresse voile mes réticences ;

S’il n’est rien d’impossible, je ne veux plus douter.

Je ne pense qu’à toi et la passion m’emporte,

Mon cœur est enflammé de délire et de fièvre,

D’une amoureuse ardeur que rien ne peut éteindre,

J’ai besoin de ton corps autant que de ton âme ;

Mon désir m’effraie, je ne suis plus moi-même.

Je te veux toute à moi, je veux me perdre en toi.

J’ai peur de te toucher, j’ai peur de te griffer ;

Mes mains ne sont pas faites pour aimer, je le sais ;

Lorsque je les regarde, je frémis de terreur.

Elles sont si redoutables, peut-être malgré moi

Pourraient-t-elles déchirer ta peau douce et soyeuse ?

Ton corps est si petit au regard du mien,

Tu es si délicate, si frêle et si fragile.

En me laissant aller, et perdant tout contrôle,

Pourrai-je dominer une force aussi grande ?

Mes pensées tourbillonnent, un ouragan m’emporte ;

Le tumulte est si fort, je pars à la dérive…

Je ne sais plus que faire, je voudrais tant te plaire,

Raison ou sentiment, faut-il vraiment choisir ?

Chaque jour, chaque nuit, j’y repense sans cesse,

Ce cruel dilemme m’obsède et me torture.

J’ai envie de m’enfuir et je me sens perdu.

Mon âme est tourmentée et mon cœur se déchire.

Au redoutable aspect de la réalité,

La voix de la raison tous les deux nous condamne

Car si je te blessais dans un élan fatal

Mon cœur se briserait, j’en mourrais de chagrin.

Je ressens ton désir, il est aussi le mien.

Embrasant tout mon corps, mais je dois résister.

Même si je suis à toi, je ne puis y répondre.

Je te tiens contre moi et je te sens trembler ;

Tes doux yeux me supplient, je m’écarte de toi ;

La brûlure est si vive, la douleur me foudroie,

Je n’aurais jamais cru que l’on pût tant souffrir,

Endurer la passion est un mal sans pitié.

Le temps joyeux s’envole, je sombre dans la nuit,

L’amour peut infliger de profondes blessures.

Ces biens que je chéris, me les reprendras-tu ?

En aimeras-tu un autre qui voudra te donner

Ce que je te refuse, ce que je m’interdis ?

J’en suis jaloux d’avance, mon esprit le proscrit.

Cette idée m’empoisonne, me dévore le cœur ;

Cette pensée me tue, trouverai-je la paix ?

C’est une tragédie que je ne veux pas jouer,

Je ne peux me résoudre à un tel dénouement.

Pourquoi ne puis-je pas avoir droit au bonheur ?

Je ne vois plus que cendres au milieu d’un désert,

D’une amère souffrance, je me meurs d’amour ;

Tel sera mon destin, par le chagrin brisé.

Cette peine ineffable, comment te l’exprimer ?

Je voudrais t’expliquer mais ma gorge est serrée ;

Les mots ne viennent pas, je suis désespéré.

Je surprends ton regard qui rempli de tristesse,

Laisse une douce larme au bord de tes yeux verts,

Comme sur une fleur, une goutte de pluie.

J’ai peur que tu ne puisses jamais me pardonner,

Je ne peux oublier ce que je suis vraiment ;

Je suis déterminé, je dois te protéger,

Te protéger de moi, contre ta volonté.

Quand à pas de velours la nuit nous abandonne,

Quand l’aurore enflammée viendra nous séparer,

Dans un dernier regret je rejoindrai sans toi

Ce monde qui est le mien, où tu ne saurais vivre.

 

Après cette agression qui faillit te tuer,

Tu pris la décision de changer de carrière,

De quitter ton travail stérile et fastidieux

Pour en choisir un autre où tu serais utile.

Ton cœur est généreux, cela ne s’apprend pas.

Tu défends la justice avec force et courage,

Sachant faire don de toi, c’est une grande richesse.

De cela je me sens responsable en partie.

C’est un noble idéal, j’admire ce dessein

Car grâce à tes actions tu peux changer le monde.

J’aime tout ce que tu fais et tout ce que tu es.

J’approuve cette idée et respecte le choix

Que tu as fait de mettre au service de la loi

Talents et compétences que tu portais en toi.

Tu essaies de sauver ceux qui croisent ton chemin

Et t’emploies maintenant à aider ton prochain,

A défendre les cas les plus désespérés,

Assister les plus humbles quand ils sont menacés,

Réconforter le faible, plaider pour l’innocent.

Protégeant les enfants dans la désespérance,

Avec ténacité tu leur offres ton aide,

Les mettant à l’abri sous l’aile de mon monde.

Je comprends ton désir de venir au secours

De ceux qui souffrent et peinent pour se libérer

De l’oppression cruelle d’insensibles voyous.

Tu t’en prends aux puissants qui ont assassiné

Et pensent se soustraire à toute punition

Car ils sont riches et forts, entourés d’avocats

Qui défendent leur cause, appâtés par l’argent.

Poursuivant sans relâche tes investigations,

Tu prends des décisions que je ne blâme pas ;

Décidée à poursuivre jusqu’au but fixé,

Tu es témérité et détermination,

Tu fais face à tes peurs avec obstination.

Provoquant les gangsters, tu t’exposes au danger ;

Acceptant des missions pour piéger les truands,

Les risques que tu prends ne sont-ils pas trop grands ?

Le prix de ce combat pourrait être élevé,

Ton audace m’inquiète, tu es trop intrépide,

L’angoisse m’envahit, je tremble pour ta vie.

J’ai quelque fois très peur pour ta sécurité,

Peur d’arriver trop tard, ne pouvoir te sauver.

Même si certaines choses valent de tout risquer,

Catherine je t’en supplie, prend bien soin de ta vie,

Essaie d’être prudente, je ne veux pas te perdre.

Pour toi sans hésiter je donnerais mon sang,

Je donnerais ma vie pour préserver la tienne.

Je ne peux concevoir un monde où tu n’es plus

Car un instant sans toi et je n’existe pas.

Si la mort t’enlevait, je n’y survivrais point,

Je m’en irais aussi au-delà du trépas.

Dans la nuit éternelle je chercherais ton âme

Pour être près de toi, à jamais réunis.

 

Dans mes nuits sans sommeil, j’y ai souvent pensé,

Je voudrais tellement t’enlever à ton monde,

T’emporter dans mes bras aussi loin que je peux,

T’abriter des dangers, te protéger du mal,

T’entourer d’affection, me cacher avec toi.

Le soir quand je m’endors, je revois ton sourire

Et chaque nuit qui passe en rêve tu es là ;

Du sommeil du juste, dans les bras de Morphée,

Endormis enlacés nous ne faisons plus qu’un.

Te garder près de moi serait un grand bonheur

Mais aussi en même temps une immense tristesse,

Celle de te côtoyer sans pouvoir te faire mienne,

Sans pouvoir te donner ce que tu veux de moi.

Si j’acceptais cela, ce serait égoïste ;

Ce serait te trahir, ce serait nous trahir.

Même si cela fait mal, je dois y renoncer.

C’est un rêve impossible que le soleil efface,

Je le vois s’évanouir quand se lève le jour ;

Il ne pourra jamais que vivre dans nos cœurs.

Je n’ai rien à t’offrir qu’un amour infini,

Aucune autre richesse que celle de mon âme.

Je n’ai pas d’autre bien, mais pour toi je veux tout.

Je voudrais voyager et visiter ton monde,

Tout ce que je peux faire est le voir par tes yeux ;

J’étouffe dans le mien, j’en suis le prisonnier,

Je ne pourrai jamais te demander d’y vivre.

Depuis longtemps je sais qu’il sera mon tombeau.

Mon monde est un refuge qui accueille en son sein

Les blessés de la vie ne sachant où aller.

Ce monde n’est pas pour toi car tu dois être libre.

Telle une fleur rare, il te faut la lumière,

Tu ne peux t’épanouir dans l’ombre d’une grotte.

Pour exister vraiment, tu dois vivre au soleil.

Tu as tant à donner, une autre vie t’attend ;

Séparée de toi-même et de ta destinée,

Tu tournerais le dos à celle que tu es,

Celle que tu seras, ne fais jamais cela.

Un trop grand sacrifice n’apporte que regrets,

La vie que tu mérites doit être sans limites,

Non, je n’ai pas le droit de t’empêcher de vivre

Une autre vie plus riche et d’aimer quelqu’un d’autre ;

Te priver d’un travail où tu peux t’épanouir

Et dont tu as besoin pour te réaliser.

En t’attachant à moi je t’enlève tout choix.

 

Tu souffres je le sais, de la séparation.

C’est moi le responsable de toute cette douleur,

Tu souffres par ma faute car tu oses m’aimer.

Comment le supporter, cette idée me torture,

Après avoir souffert, il faut souffrir encore.

J’ai très mal moi aussi, ton absence m’est cruelle.

Le jour, quand de si loin, le monde nous sépare,

Mon cœur est plein de toi, de mille souvenirs,

Jusqu’au moindre des mots de nos propos du soir.

Tu occupes ma vie autant que mes pensées.

Au-delà de l’amour et de toute raison,

Eloignés l’un de l’autre sans être désunis,

Nous sommes quelque chose qui n’a jamais été.

Il nous faut explorer des terres inconnues,

Nous devons tous les deux nous armer de patience,

Avancer doucement, faire preuve de prudence.

Je ne suis pas humain, ou peut-être à moitié.

Mon sang est différent, c’est là qu’est la limite.

Sommes-nous compatibles pour avoir un enfant ?

Devant l’incertitude, il faut se résigner,

Ne pas prendre de risque, préserver ta santé.

Et s’il me ressemblait, qu’adviendrait-il de lui ?

Il serait condamné à une vie de reclus.

Je ne peux accepter qu’il vive comme moi.

Ce qu’ils ne comprennent pas, les hommes le rejettent.

Ton monde m’est interdit, je n’y ai pas ma place.

Tu ne pourras jamais demeurer dans le mien.

Nous sommes condamnés à vivre séparés,

A ne passer ensemble que de brefs moments

Même s’ils valent autant qu’une vie toute entière.

En minutes, en secondes le temps nous est compté.

Nous ne pourrons jamais vivre ensemble au grand jour,

Il faudra endurer toute cette souffrance,

De la séparation et de la frustration.

Ce que nous partageons demande du courage,

Le secret que tu gardes est un très lourd fardeau.

As-tu bien mesuré l’ampleur du sacrifice ?

Notre rêve n’existe qu’au prix de bien des autres.

Tu devras faire des choix, ce sera difficile ;

Oublier la famille que tu pouvais fonder,

Tes enfants à venir, une jolie maison,

Une vie plus heureuse… ignorer tes amis.

Trouveras-tu la force de continuer ainsi

Une vie déchirée, ambigüe et risquée ?

A l’horizon brumeux, au futur incertain ?

Auras-tu le courage de suivre cette route

Faite de sacrifices et de renoncements ?

N’as-tu aucune crainte, est-ce bien ton souhait ?

 

Ce que tu aimes en moi, n’est qu’une part de moi-même.

Un homme et une bête, je suis tout à la fois ;

Un fragile équilibre que je dois préserver.

Pour moi, y parvenir relève du miracle,

Exigeant tant de force et tant de volonté

Que parfois j’ai envie de cesser de lutter,

De me laisser aller et de tout oublier.

Tu penses me connaître, mais il y a en moi

Un côté ténébreux que je combats sans cesse.

Quelque chose de terrible qui consume mon être,

Qui ressurgit soudain en rage et en fureur,

Affaiblissant mon corps et détruisant mon âme.

Enfoui au fond de moi, à cause d’un écho,

Soudain il se révolte, revient à la surface ;

Au reflet d’une flamme, le monstre se réveille.

Il occupe la place, me réduit à néant ;

Ma compassion s’efface, je perds ma dignité.

Je dois lui résister, protéger ceux que j’aime ;

Il me faut soutenir des luttes si terribles,

Je dois combattre seul mes démons intérieurs.

Je ne veux pas tomber dans de sombres délires,

Je m’égare en moi-même et ne sais qui je suis ;

Je me sens pris au piège au plus profond de moi.

Mes forces m’abandonnent, je ne peux plus lutter,

Et je me sens glacé jusqu’au fond de mes os.

Je cherche dans la nuit une main secourable,

Mes pensées se raccrochent à ton doux souvenir,

Mais tu ne peux m’aider, je suis déjà trop loin.

Ton visage s’efface, englouti par la brume.

Le désespoir m’inonde et le néant m’attend,

Mes maux sont sans remède et je me vois livré,

Le front dans la poussière, à la fatalité ;

J’échappe à mon contrôle et deviens une bête.

Cette ombre menaçante qui plane sur ma vie,

Je ne peux l’ignorer ni même la cacher.

C’est une part de moi que je repousse en vain ;

Une lutte harassante, le bien contre le mal ;

Un abîme sans fond qui s’ouvre sous mes pieds ;

Une nuit sans espoir aux portes de l’Enfer,

Qui mène à la folie.

                             Et le reste est silence.

Catherine j’ai peur pour toi et je redoute tant

Qu’au milieu de la nuit tel un beau papillon

Tu voles vers ma lumière et t’y brûles les ailes.

Il est si dangereux de m’aimer, mon amour.

 

 

Chapitre III  : la seconde lettre de Catherine à Vincent

 

Vincent, mon seul amour, je ne puis renoncer.

Je ne croirai jamais à la fatalité.

Je refuse la peur, nous la vaincrons ensemble.

Je serai près de toi, ce combat est le nôtre ;

Tant que le rêve existe, rien n’est jamais perdu.

Quand j’étais enlaidie, tu tombas amoureux ;

Mon visage torturé ne te répugna pas

Et pour ce que j’étais, tu m’offris ton amour.

Peu importe pour moi que tu sois homme et bête,

Que tu aies deux visages, un bon et un mauvais,

Comme tout être humain tu as une part d’ombre,

Ce que j’aime de toi est ton humanité.

Grâce à toi, j’ai trouvé une raison de vivre.

Ta présence a comblé le vide de ma vie,

Tu m’as tout apporté, tout ce qui me manquait.

Par toi j’ai tout appris des valeurs humaines,

Ce que je peux donner, je l’ai reçu de toi.

Si tu n’es près de moi, rien n’a plus d’importance,

Sans toi je suis perdue, tu es toute ma vie.

Ne m’abandonne pas, je n’y pourrais survivre,

Je ne crains rien de toi si ce n’est ton oubli ;

Ton refus est pour moi une plus grande blessure

Que quelques éraflures dont je n’ai vraiment cure.

Ne laisse pas Lisa se glisser entre nous.

Je comprends ton tourment et tes appréhensions

Mais ton côté obscur ne peut me faire de mal ;

Cet instinct de survie n’est pas ton ennemi.

Quand tu es en danger, il te donne la force

De défendre ta vie et protéger les tiens.

Je sais que tu l’abhorres et qu’il te terrifie.

Le pouvoir de l’amour est le plus grand qui soit,

Si je suis avec toi, nous serons les plus forts,

Nous le dominerons, ne le rejette pas.

Ce combat incessant altère ta santé,

Te détruit peu à peu et t’éloigne de moi.

Ainsi que je le fais, il te faut l’accepter,

Cette force primaire, je le sens m’aime aussi ;

Quand elle prend le contrôle, elle ne me blesse pas ;

Tu ne peux l’ignorer, elle me respecte aussi.

Ne laisse pas la crainte ainsi te dominer,

Jamais rien ni personne ne nous séparera.

 

J’aime ta différence, tu sembles étonné ;

Elle est pourtant pour moi le plus doux des attraits,

Le plus beau des miracles qui m’ait été donné.

Image fascinante d’une vérité perdue,

Figure mystérieuse issue de l’inconnu,

Je veux te protéger, c’est toi qui me défends !

Dualité étrange de force et de finesse,

Un mélange étonnant de puissance et faiblesse,

De violence et douceur, fureur et retenue,

De rage destructrice, d’amour et de bonté,

Redoutable guerrier au visage angélique,

Justicier sans pitié à l’âme tourmentée,

Un homme encore meilleur que tu n’es redoutable,

Etre troublant, esprit de lumière et de vie,

Au noble et chaste cœur, au charme irrésistible,

Sans même le vouloir tu es un séducteur.

Le ciel est sous la terre, le ciel est dans tes yeux,

Tu ignores à quel point tu peux être attirant…

Comment ne pas t’aimer, ton être m’ensorcelle ;

Tu transcendes mon âme et sublimes ma vie.

Tu es l’homme que j’aime, celui que j’ai choisi,

Je suis ce que tu es et tes mains sont les miennes.

Mon cœur t’appartient, je puis te l’assurer ;

Je t’en fais le serment,  il n’y aura que toi.

Et si ce n’est pas toi, ce ne sera personne.

Vincent, tu es pour moi, le secret de ma vie ;

Gravé dans mon esprit, ton nom fait mon délice ;

Tu m’as offert ta vie et redonné la mienne,

Tu as le droit d’aimer et celui d’être aimé.

Ton absence est pour moi le plus grand des supplices ;

Quel que soit ton chemin, il deviendra le mien,

Je suspendrai mon âme à ton âme adorée.

Je veux te consacrer le reste de ma vie,

Tu ne seras plus seul, ce n’est pas ton destin.

Le sort nous a donné un cadeau merveilleux,

Notre amour est unique, la plus rare des choses,

La plus grande des chances, le plus précieux des biens.

Pour le garder vivant, j’accepte tout de toi.

Tu m’imposes ton choix, je m’y conformerai.

S’il me faut renoncer à l’amour physique,

Je le fais avec joie, notre hymen sera chaste.

Si tel est ton souhait, il en sera ainsi.

Pour toi je me sens prête à tous les sacrifices,

N’aies pas peur de cela car tu mérites tout.

Mais je sais en mon cœur qu’un jour tu seras prêt,

Mon bien-aimé je t’attendrai toute ma vie.

 

Le lien qui nous unit n’est pas à sens unique ;

Je pourrais partager tout ce que tu ressens

Au plus profond de toi : tes sentiments secrets,

Emotions, sensations, tout ce qui fait ton être,

Mystérieux sanctuaire où siège ta pensée.

Mais tu les dissimules, tu es impénétrable.

Craignant de m’effrayer et que je te repousse,

En filtrant notre lien, tu as construit un mur ;

Pour me sauver de toi, tu recules d’un pas,

Croyant me protéger, tu me fermes ta porte

Et me tiens à l’écart de ton moi intérieur.

Pourtant s’il est besoin je t’entends me parler ;

A travers notre lien tu peux me prévenir

Quand un danger menace, que tu crains pour ma vie.

Les trésors de ton âme, me les montreras-tu ?

Cesse de te cacher, laisse-moi te connaître,

A mes yeux amoureux, montre-toi tout entier,

Ne m’exclue pas de tes douleurs et de tes joies,

Laisse-moi, mon amour, regarder dans ton cœur,

Laisse-moi te comprendre, je veux me fondre en toi.

Si je devais donner ma vie contre la tienne,

Je n’hésiterais pas car tu es tout pour moi.

Y a-t-il un amour plus grand que celui-là ?

Ne l’as-tu pas compris, nous sommes nés l’un pour l’autre,

Je suis faite pour toi comme tu es fait pour moi.

Avec le temps qui passe, plus nous nous rapprochons,

Plus notre lien grandit en force et en puissance.

Chaque jour plus profond, plus pur qu’un diamant,

Il ne craint pas le temps, ni la mort elle-même.

Il nous pousse l’un vers l’autre sans possible retour

Jusqu’à l’étape ultime où il aboutira

A la fusion totale de nos âmes et nos corps.

C’est notre destinée dans cette vie ou une autre,

Que tu le veuilles ou non, nous devrons l’accomplir.

Arrête de lutter et donne-moi la main,

De ce fleuve d’amour, le courant nous emporte,

Tu n’es pas assez fort pour t’opposer à lui.

Laisse-le te mener vers un autre horizon,

Un futur merveilleux que nous vivrons ensemble.

Nous sommes indissociables, il n’est point d’autre choix.

Notre lien ne doit pas, ne peut être annulé,

Car si cela était nous en mourrions tous deux.

Souviens-toi des paroles que tu m’as dites un jour,

« Nous croyons en l’amour, c’est ce qui nous fait vivre ».

Laisse-moi te chérir, ne me repousse pas ;

Ecoute mon amour, suis la voix de ton cœur ;

Donne-lui ta confiance, arrête de douter.

Partager ta souffrance est tout ce que je souhaite,

Epanche ta douleur, j’adoucirai ton mal

Et mon cœur versera un baume dans le tien ;

Laisse-moi te guérir, je panserai ton âme

J’apaiserai ta peine et te rendrai l’espoir ;

Je veillerai sur toi jusqu’à la fin des temps,

Ma vie sera la tienne, mais n’oublie pas l’amour…

 

Tu es comme un soleil qui éclaire notre rêve.

Nous le vivrons ensemble dans ta douce lumière

Tel un brin de muguet au pays merveilleux,

Celui de notre amour qui semblait impossible.

Le voilà bien vivant, lumineux et splendide,

Rayonnant de beauté, emplissant nos deux vies ;

Et même les ténèbres aussi fortes soient-elles

Ne pourront jamais vaincre un lien aussi puissant.

Tissant notre futur, il fait vibrer nos cœurs…

Nous combattrons ensemble obstacles et terreurs.

Nous partagerons tout quoiqu’il puisse arriver,

Contre vents et marées, nous ferons ce voyage,

Nous suivrons ce chemin qui n’a jamais été.

Comme est le Yang au Yin, tu seras ma lumière,

Comme est le Yin au Yang, ton ombre je serai.

Tu complètes ma vie, je complète la tienne,

Nos êtres se retrouvent l’un en l’autre à jamais.

Nous créerons notre monde entre lumière et ombre ;

Au fond de nos deux cœurs, il sera ton royaume

Et fait de nos deux vies, il sera infini.

Notre amour survivra à la haine et au temps,

Il deviendra légende à la postérité.

Nos destins se confondent et sont déjà tracés,

Nous avons devant nous toute l’éternité.

 

Vincent tu m’as appris à faire face à mes peurs.

Pour prouver ma valeur, j’ai voulu accepter

Des missions imprudentes qui étaient très risquées.

Percevant ma détresse, pour m’aider, me sauver,

Quoiqu’il puisse en coûter, tu as défié la mort.

Quand tu viens me défendre, tu braves le danger,

Celui de te faire prendre et d’être découvert ;

Celui de massacrer ou te faire tuer.

J’ai honte de cela car j’en suis responsable,

Tu agis en mon nom et parce que tu m’aimes.

Par mon inconséquence et mon entêtement,

J’ai compromis ta vie, la survie de ton monde,

Tes secrets, tes croyances, ce que tu as construit.

Quand tu te bats pour moi, j’ai très peur de te perdre,

Je ne peux supporter de continuer ainsi,

Il me faut mettre un terme à toute cette folie.

Ma décision est prise, elle est irréversible,

J’ai quitté mon travail et tout abandonné,

Je me suis évadée pour rester près de toi,

Débuter une vie de bonheur partagé.

Mon travail me plaisait, je me sentais utile ;

Bien que très fatiguant il m’apportait beaucoup.

Face à mes sentiments il devient secondaire.

Faisant un seul choix, celui de notre amour,

J’ai tout mis de côté pour vivre notre rêve ;

C’est ce que je voulais depuis longtemps déjà ;

Je ne le savais pas. J’en suis sûre à présent

Et n’ai aucun regret : je regarde plus loin…

Si c’était à refaire, je recommencerais.

Bien plus que la raison, l’amour est le plus fort,

Ma vie est près de toi, maintenant et toujours.

Il est une vérité que nous savons tous deux

Qui s’impose à nos vies et dirige nos pas,

Pour nous mon bien-aimé, l’amour n’a pas de prix.

 

Je n’aurai pas besoin d’emporter avec moi

Un grand nombre de choses quand je viendrai en bas.

Je préfère porter les habits des tunnels.

Ta chambre est assez grande pour une autre personne.

C’est un havre de paix tranquille et harmonieux,

Imprégné de ton être, tout puissant en ce lieu.

J’y respire ton parfum qui flotte autour de moi

Et j’y sens ta présence même quand tu n’es pas là.

Si tu déplaces à peine tes effets personnels,

J’aurai un peu de place pour y ranger les miens,

Juste à côté des tiens ; Je n’encombrerai pas

Ta grande et belle armoire avec des objets

Sans aucun intérêt pour qui vit en dessous.

Je n’apporterai rien qui puisse te déranger,

Tout ce que tu possèdes suffit à mon bonheur.

J’aime bien ton fauteuil, nous le partagerons.

J’écrirai moi aussi sur ta petite table.

Ton lit te tend les bras et n’attend plus que moi,

Je me ferai petite pour ne pas te gêner.

Nous pourrons discuter avant de nous coucher,

Lire ensemble des livres, blottis l’un contre l’autre.

Cela me réconforte de penser que bientôt

Tu n’auras plus besoin de quitter les tunnels

Pour gagner mon balcon au risque d’être vu.

Je trouverai ma place au sein de ta famille

En me rendant utile du mieux que je pourrai.

J’aiderai Rebecca à faire ses bougies ;

En enseignant le droit aux plus grands des enfants,

Je pourrai compléter les cours que tu leur donnes.

Dans l’attente des nôtres, j’assisterai Mary

Pour soigner les enfants et leur donner l’amour

Dont ils ont tant besoin pour grandir, devenir

Des adultes accomplis responsables et sûrs d’eux,

Sachant mener leur vie dans le respect d’autrui.

Si Père en est d’accord, je rangerai ses livres

Et avec Mary nous le seconderons

Pour soigner les malades, soulager leur douleur

Et les réconforter tout en veillant sur eux.

Je peux faire tant de choses en étant près de toi,

A mes yeux elles ont d’autant plus d’importance

Qu’elles font partie de toi, de ta vie quotidienne.

Je veux en être aussi, je ne veux que cela.

Je ne peux supporter notre séparation,

J’ai tant besoin de toi dans mes jours et mes nuits,

Vincent je t’en supplie, écoute, écoute-moi,

Ne te dérobe pas, ne me rejette pas.

 

 

Chapitre IV  : la réponse de Vincent

 

Catherine, un nom magique si doux à murmurer…

Un jour je t’ai poussée vers un autre chemin

Qui n’était pas le mien.

                                  C’est parce que je voulais

Que tu puisses être heureuse en menant une vie

Qui t’était familière, dans ce monde de lumière

Où tu avais grandi, vécu dans l’abondance ;

En aimant un autre homme issu de ton milieu

Qui pourrait t’apporter le confort et l’aisance,

Une vie d’aventures, distractions et plaisirs,

T’acheter des bijoux, des parfums et des fleurs,

T’offrir le pouvoir de pratiquer le bien,

La puissance nécessaire pour mener à son terme

Ton projet altruiste, ton désir de justice.

Pourtant à cette idée, je mourrais de douleur,

Ne pouvant supporter de vivre loin de toi.

En proie au désespoir de t’avoir perdue,

Sans toi j’aurais sombré dans l’ombre et le chagrin.

 

Souviens-toi quand ton père a quitté cette terre,

Tu as cru que ton monde s’effondrait, se brisait.

Tu errais dans les rues ne sachant où aller.

Perdue dans ta souffrance, tu t’es tournée vers moi,

Convaincue que ta place était à mes côtés.

J’ai perçu ton chagrin et je t’ai invitée.

Tu es venue chez moi chercher un réconfort,

Du secours, un soutien pour affronter ta peine.

Je souffrais en silence car tu étais si proche,

Ta présence me blessait, j’espérais que tu restes ;

Pour la première fois j’approchais mon beau rêve.

Ta douleur apaisée, tu as réalisé

Que tu n’étais pas prête à vivre près de moi.

J’aurais tellement voulu que tu demeures en bas,

Je n’ai rien révélé qui puisse te retenir ;

Je t’ai dit seulement que ton destin était

De vivre dans deux mondes, au dessus, en dessous.

Et tu es repartie pour rejoindre ton monde.

 

Aujourd’hui tu me dis que tu es décidée.

Quand tu es résolue, rien ne peut t’arrêter.

Cesse de me supplier, tu m’as déjà vaincu,

Je ne puis endurer de te faire pleurer.

Ta détermination a raison de la mienne,

Tu as anéanti toutes mes décisions,

Résister serait vain, j’en suis plus que certain ;

Je n’en ai plus envie, ma volonté faiblit,

Je dépose mes doutes à tes pieds adorés.

J’ai besoin de te voir, besoin de te parler,

Besoin de ta présence, besoin de ton amour.

Catherine, je ne pourrai jamais vivre sans toi.

Je te crois maintenant quand tu dis que demain

Avec toi je vivrai notre merveilleux rêve.

Pourquoi ne ferais-je pas confiance à ton instinct ?

Je ne veux plus penser, sans doute as-tu raison,

Au fond de moi je sens que c’est la vérité.

Contre l’inévitable j’arrête le combat,

Je ne demande qu’à te serrer sur mon cœur

Et étreindre avec toi la vie et l’espérance.

Notre lien me ramène inexorablement

A tes bras accueillants, chaleureux et sincères,

Ta beauté, ton courage, le don de ton amour.

C’est un socle incassable, une assise solide

Sur laquelle nous pourrons construire notre vie.

Enraciné en nous, fidèle et immuable,

En déployant ses ailes pour nous envelopper,

Nous rapprocher sans cesse dans l’espace et le temps

Il n’existe que pour nous voir réunis.

Evidence insensée que je n’ai voulu croire,

Maintenant certitude ô combien délicieuse,

Cette réalité va changer notre vie.

Elle s’empare de moi, murmure à mon oreille

Un chant étourdissant d’allégresse et d’amour

Qui m’exalte et m’emporte vers des lieux enchanteurs

Remplis de ta présence aimante et bienveillante,

Où nous marchons tous deux sans aucune limite

Et en pleine lumière vers une vie heureuse.

Mon amour, nous irons bien plus loin que le jour,

Enlacé dans tes bras, je te dirai je t’aime,

A cette heure d’espoir, rien n’est plus impossible !

Au delà de la peur, brillant de mille feux,

J’entrevois le bonheur qui frappe à notre porte ;

Il m’apporte l’espoir, suis-je en train de rêver ?

 

Toi dont la voix est douce, et douce la parole,

J’accepte ton amour avec humilité,

Vivons le temps présent sans penser à demain.

Viens partager ma vie, je ne peux te priver

De l’unique cadeau que je puisse te donner,

Celui de ma présence : je te fais don de moi.

Mary préparera une chambre pour toi

Où tu auras la place de ranger tes affaires.

Je ne peux t’offrir plus, laisse-moi encore du temps

Car il m’est impossible pour l’heure d’envisager

Avec toi partager autant d’intimité.

Catherine pardonne-moi, je te demande tant

Quand toi tu m’offres tout.

                                        Ta confiance m’honore.

Tu es déçue, je sais, mais je ne suis pas prêt.

Tu pourras retrouver notre communauté,

Cette grande famille qui est aussi la tienne.

Nous serons très heureux que tu vives avec nous,

Nos amis te connaissent, t’admirent et t’apprécient.

Quand tu voudras descendre nous rejoindre en dessous

Je viendrai te chercher à l’entrée du tunnel,

Celui là où un jour je te raccompagnai

En pensant que jamais je ne te reverrais.

Frémissant malgré moi, de liesse et d’impatience,

Perdu dans mes pensées, j’attendrai en silence,

En laissant au hasard flotter ma rêverie.

Quand tu apparaitras à mes yeux éblouis,

Tel un ange merveilleux de grâce et de beauté

Auréolé par une douce lumière bleue,

Je sentirai mon cœur éclater de bonheur.

Hypnotisé par tant de charme et d’élégance,

Je te regarderai t’approcher lentement.

Apeuré à l’idée que tu puisses t’envoler,

T’évanouir dans la nuit, disparaître soudain

Comme un rêve enchanté qui s’enfuit au matin,

Je saisirai ta taille, te serrant contre moi

Sans pouvoir te lâcher, et tu me souriras.

Ayant peur de briser cet instant féérique,

Te souriant aussi avec timidité,

Je ne te dirai rien et te tendrai la main.

Tu me donneras la tienne pour avancer ensemble

Côte à côte, pas à pas vers un autre futur,

Une nouvelle vie au soleil levant,

Colorée de promesses, d’espoir et de beauté,

Un avenir à deux sur un même rivage.

Je ne peux présager ce que sera demain,

Nous devons faire confiance à notre bonne étoile.

Si tu trébuches et tombes, je te relèverai,

Quel que soit le chemin, je te protégerai,

Contre toi, contre moi, contre le monde entier ;

Je le sais à présent, je dois vivre pour toi.

 

J’aurais aimé savoir qui sont mes ascendants,

Connaître mon passé, celui de mes parents.

A travers mes racines me rechercher moi-même

Pour mieux me retrouver et bâtir l’avenir ;

Quand j’observe la nuit les étoiles lointaines,

Je me dis que peut-être il est une planète

Sur laquelle vivent heureux des gens qui me ressemblent.

Il m’arrive de penser qu’un vaisseau de lumière

A traversé l’espace de l’infiniment grand,

M’emportant loin des miens, vers un monde différent.

Qu’importe tout cela, ma famille est ici

Car une vraie famille, ce sont des gens qui s’aiment.

Durant toutes ces années, j’ai souvent espéré

Qu’un jour arriverait où je saurais enfin

D’où vient ma différence, quelles sont mes origines,

Ce qui m’est arrivé, pourquoi je suis ici.  

Malgré moi j’attendais un grand évènement

Qui ferait basculer ma vie calme et tranquille

Dans un monde inconnu, mystérieux, fascinant,

Peuplé de magiciens, de fées et de sorcières,

De créatures étranges aux pouvoirs prodigieux.

Innocente victime d’un odieux maléfice,

Délivrée de son sort par quelque enchantement,

Je me verrais changé en un prince de légende,

Comme dans les contes que Père me lisait autrefois.

J’ai attendu longtemps entre doute et espoir

Cette chose magique mais rien n’est arrivé.

Que de fois j’ai compté les pas du temps dans l’ombre ;

Identiques à eux-mêmes, dans la sérénité,

La paix et l’harmonie les jours s’en sont allés…

C’était un rêve vain ; Il n’a plus d’importance,

J’ai cessé d’y penser lorsque je t’ai trouvée.

C’est toi qui es venue, ma gracieuse princesse

Et qui as fait de moi dans la réalité

Le prince dont je rêvais.

                                    Nul besoin de changer

Car j’ai compris enfin à travers ton amour,

A travers ton regard, ce que je suis vraiment.

Un autre rêve est né, a bouleversé ma vie

Et repoussé au loin ma soif de vérité,

Emportant mes questions aux réponses impossibles.

De ce passé perdu, il n’est plus que silence,

D’où je viens restera toujours un grand mystère.

 

Je ne suis que pour toi, je ne suis que par toi,

Mon essence à la tienne est égale et semblable.

Tout au fond de mon cœur je ne sais qu’une chose,

Ma présence en ces lieux s’explique par la tienne,

Le lien qui nous unit en est pour moi la preuve.

Quel que soit l’avenir, mon seul guide en ce monde

Est ta main, mon amour, qui le sait mieux que toi ?

Et que demain je meure ou que demain je vive,

Mon cœur battra pour toi, tu seras ma moitié.

Je savais, mon aimée, qu’un beau jour tu viendrais…

Dans une vie passée, nous étions réunis,

Dans une vie future, nous le serons aussi.

J’en ai la conviction, ainsi que tu l’as dit,

Je suis né pour t’aimer… pour toute ma vie, et à jamais.

 

 

 

 

A Catherine et Vincent, à tous les amoureux

Que la vie réunit quand c’était impossible ;

 

A ceux dont le sort fit qu’ils naquirent adversaires,

Vous escaladerez les plus hautes montagnes,

Traverserez les fleuves au nom de votre amour ;

Il reste encore l’espoir tant que le rêve existe ;

 

A tous ceux que l’histoire ennemis désigna

Qui eurent le courage de tout abandonner,

Pays, famille, amis pour sauter les barrières,

Franchir les frontières, vivre leur rêve à deux ;

 

A ceux qui ont aimé, qui aiment et aimeront 

D’un amour éternel, je dédie ce poème.

 

 

Odile Seng.

 

 

 

 

 

 

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